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La sécurité alimentaire et économique (in het frans)


Au début de cette année, lors de la campagne « Campus Plein Sud » sur le thème de la sécurité alimentaire, Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, professeur de droit international à l’UCL et parrain de l’évènement rappelait que « Selon les Nations unies, près de 100 millions de personnes peuvent venir s’ajouter aux 850 millions qui souffraient déjà de sous-alimentation avant la crise [économique]. L’insécurité alimentaire n’est pas passagère mais bien structurelle ».

Panneau de vente de lapins

La faim est rarement liée à un problème de disponibilité en aliments dans une région donnée. Elle est avant tout une expression criante de la pauvreté, elle résulte d’une situation dans laquelle les dotations en capitaux (physique, humain et social) sont trop limitées pour être combinées efficacement et offrir la possibilité de mener une vie décente. Louvain coopération au Développement a l’ambition de contribuer activement à la réduction de la pauvreté au travers d’un domaine d’intervention intitulé : « Sécurité alimentaire et économique ».

Il existe de multiples définitions du concept de sécurité alimentaire dont celle de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) : « Accès physique, social et économique à une quantité suffisante de nourriture saine et nutritive, en mesure de satisfaire les besoins et les préférences alimentaires des populations concernées, pour leur garantir une vie saine et active ».

Etre en situation de sécurité alimentaire ne signifie donc pas seulement le fait de pouvoir manger à sa faim à un moment donné, mais le fait d'être dans une situation qui présente certaines garanties pour le présent et le futur. Les composantes essentielles du concept sont la disponibilité physique des aliments -en qualité et en quantité suffisantes, l'accès aux aliments -c'est-à-dire la capacité, quand les aliments sont présents, d’y avoir accès par production ou transaction- et l’usage correct des aliments.

D’autre part, « les exploitations agricoles sont hétérogènes quant à leurs sources de revenus : pour certaines, plus des trois quarts du revenu total provient de l’activité agricole, mais pour d’autres, plus des trois quarts du revenu provient d’une activité non agricole ou d’une personne ayant migré » . L’accès à la nourriture peut donc se réaliser de différentes manières : principalement, en disposant des moyens nécessaires pour produire (et généralement stocker) des aliments ou en disposant des moyens de produire des biens et services dont la vente permettra l’achat de nourriture , d’où le concept de « Sécurité Alimentaire et Economique – SAE ».

Panneau de vente de lapins

L’expérience permet à Louvain coopération au Développement de proposer une stratégie d’intervention en SAE à Madagascar (littoral nord du Menabe), en Afrique Centrale (nord du Burundi et sud Kivu en République Démocratique du Congo), en Afrique de l’Ouest (région des Savanes au Togo et le Mono au Bénin) et en Amérique Andine (Département d’Oruro en Bolivie et de Arequipa et Moquegua au Pérou), déclinée en 4 axes.

Le premier implique les populations en tant qu’acteurs de changement social, en les amenant à se structurer en organisations communautaires, à réfléchir aux problématiques communes, à développer par eux-mêmes des solutions adaptées en termes alimentaire et économique. Ainsi, par exemple à Madagascar, notre partenaire SARAGNE a favorisé en 2008 l’émergence de plus de 60 associations de base. Celles-ci seront accompagnées dans les années à venir pour répondre de la meilleure manière possible aux besoins de leurs membres.

Le deuxième axe met en place ou consolide des organisations d’économie sociale proposant des services à leurs membres tels que les coopératives et groupements de producteurs ainsi que leurs unions (qui proposent assistance technique, stockage, approvisionnement en intrants, commercialisation des productions, etc) et les mutuelles d’épargne et de crédit et leurs unions (généralement issues d’un processus de mise en place de petites tontines de solidarité). Dans ce dernier cas de figure, LD ne prétend pas être ou devenir un organisme spécialisé dans l’industrie de la microfinance. Lorsque la complexité des opérations le justifie, nous faisons appel à des expertises externes. Un exemple de notre appui aux organisations d’économie social se trouve dans les provinces de Kayanza, Ngozi et Kirundo au nord du Burundi où le projet de « lutte contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition » participe à la consolidation des services non financiers et financiers auprès de 6000 familles (33.600 personnes), membres de l’Union pour la Coopération et le Développement (UCODE) et sa filiale financière, UCODE-Microfinance,.

Le troisième axe accompagne les porteurs de projets, individuels ou organisés, dans la création ou le développement de leurs Activités Génératrices de Revenus (AGR) par création et pérennisation, en concertation avec les autorités décentralisées et les acteurs locaux, de Guichets d’Economie Locales (GEL). Ces institutions facilitent la rencontre entre offre et demande de Services de Développements d’Entreprises (SDE). Par exemple, dans le département d’Oruro en 2008, 16 Unités Productives Rurales (UPR) ont accédé à des services pour consolider leurs capacités productives, de transformation, commerciales et de gestion d’entreprise.

Le quatrième axe implique les bénéficiaires et organisations de bénéficiaires dans des filières économiques organisées avec, notamment, l’ambition d’assurer des débouchés stables et rémunérateurs. Au fil des années, l’élevage du lapin est ainsi devenu une véritable alternative à la filière de production du coton au Bénin. L’Association Béninoise des éleveurs Cunicoles (ABeC), née d’une collaboration entre l’UCL et le Centre Cunicole de Recherche et d’Information (CECURI) de l’Université d’Abomey-Calavi, regroupe aujourd’hui plus de 1.000 producteurs insérés dans une filière de petit élevage assurant un revenu principal ou complémentaire à leur famille.

Ces axes peuvent être perçus dans un processus évolutif -pas nécessairement linéaire mais bien complémentaire- d’intégration de populations marginalisées dans des circuits économiques, permettant ainsi une réponse durable à leur insécurité alimentaire et économique.



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