
Le mercredi à 08h40, retrouvez la Chronique du Sud sur Antipode, la radio du Brabant Wallon.
Chaque semaine, Stéphanie Merle de notre département Education au Développement vous propose quelques réflexions sur l'état du monde, la coopération au développement et les rapports Nord/Sud.
Cette semaine, penchons-nous sur l'agriculture dans les pays du Sud.
Bonjour à tous,
Imaginez une ferme en 1940... Une quinzaine de vaches laitières, une basse cour, quelques pommes de terre et des betteraves. Regardez une ferme aujourd’hui. D’ailleurs on ne dit plus ferme mais exploitation agricole. Tout est mécanisé. Les cultures se comptent en centaines d’hectares et les cheptels sont énormes. Entre ces deux périodes, les fermiers ont connu la PAC.
La PAC, c’est la Politique agricole commune de l’Union européenne. C’est un traité qui date des années 50. On subsidie les agriculteurs de l’Union pour qu’ils modernisent leurs fermes. Le but c’était d’atteindre l’autosuffisance alimentaire en Europe.
Jusque là, rien de très choquant. Tout le monde est gagnant : l’agriculteur reçoit de l’argent pour faire tourner sa ferme, et le consommateur, comme par miracle, paye ses produits beaucoup moins chers.
Le problème, c’est qu’à force d’encourager la production, la PAC entraîne des excédents, les agriculteurs produisent trop. Alors, on jette ? Et bien non, envoyons ces produits sur les marchés africains.
Donc, notre gros poulet européen produit dans une belle grande ferme mécanisée, et qui a bénéficiée de subventions arrive sur ce marché en Afrique. Là, il est vendu moins cher que le poulet local africain élevé dans une ferme à quelques kilomètres.
Cette Politique agricole commune sera renégociée en 2012, il ne faudra pas rater le rendez vous. Parce que dans les conditions actuelles, la survie des fermes agricoles du sud devient à terme très peu probable.
En vous laissant à ces réflexions, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine.![]()