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Les soins de santé primaire à l'avant-plan




Pendant les mois de septembre à décembre 2008, Louvain Coopération et la Cidmed mèneront une campagne d’information à l’attention de la communauté universitaire de l’UCL. Le fil rouge de cette campagne ? Les 30 ans de la déclaration d’Alma Ata. Une déclaration fondatrice d’une politique active des soins de santé primaires. Une déclaration toutefois méconnue... L’occasion pour tous d’opérer un petit retour en arrière salutaire….


1978, Alma Ata, Kazakhstan. La Conférence internationale sur les soins de santé primaires (SSP) rassemble plus de 130 pays. Réunie à l’initiative de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l’UNICEF, cette conférence donnera naissance à la déclaration aujourd’hui connue sous le nom de « Déclaration d’Alma Ata ». Le fameux slogan «La Santé pour Tous d’ici l’an 2000», attaché au concept des SSP, trouve son origine dans cette déclaration. Les SSP sont en effet présentés comme le moyen qui « donnera à tous les peuples du monde, d’ici l’an 2000, un niveau de santé leur permettant de mener une vie socialement et économiquement productive » . 30 ans après Alma Ata, cet objectif demeure très lointain pour beaucoup de pays, surtout en Afrique.

Les soins de santé primaires, un concept global

La déclaration de 1978 consacre les SSP comme la stratégie principale de réalisation de cet engagement et réaffirme la définition que l’OMS donnait à la santé en 1946, à savoir « un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en l'absence de maladie ou d'infirmité ». Le discours tenu à Alma Ata a révolutionné la santé publique dans le monde. On y définit les 8 composantes des SSP et surtout, on souligne les principes qui vont désormais caractériser leur mise en œuvre. Parmi eux : la globalité de l’approche, l’équité, l’utilisation de technologies appropriées pour la santé et la participation communautaire.

Toutefois, moins de 5 ans après la conférence, le principe de globalité de SSP est remis en question. Walsh et Warren de la Banque Mondiale proposent les SSP sélectifs centrés sur la vaccination, le traitement paludique, la lutte contre les maladies diarrhéiques et la promotion de l’allaitement maternel.

Dix ans après, les ministres africains de la santé réunis à Bamako constatent déjà une dégradation rapide de leurs systèmes de santé. L’initiative de Bamako se donne alors pour principes : la revitalisation et l’extension des services de santé périphériques, l’accessibilité des médicaments de qualité à des prix abordables, le financement communautaire et le contrôle communautaire. Les SSP restent au cœur de la stratégie de santé publique mise en place dans les pays du Sud.

Pour que ça ne reste pas un concept vague…

RDCongo, la zone de santé urbaine de Kadutu à Bukavu est densément peuplée. La paupérisation croissante de la population a des conséquences néfastes sur son état de santé : épidémies (choléra, fièvre typhoïde,…), mortalité élevée chez les femmes et les enfants, inaccessibilité financière aux structures de santé,…

La coordination Afrique centrale de Louvain Coopération et son principal partenaire, le BDOM, ont donc misé sur une amélioration qualitative et quantitative des soins offerts à la population de Kadutu grâce à une approche globale des SSP. En 2007, on observe notamment la mise en place d’une pharmacie zonale qui assure désormais un approvisionnement régulier des centres de santé en médicaments essentiels de qualité, l’appui aux activités de supervision et de coordination de l’action sanitaire au niveau opérationnel, la réhabilitation des pavillons d’hospitalisation de l’hôpital général de référence de Ciriri, ainsi que l’appui aux initiatives communautaires de sensibilisation sur les problèmes sanitaires avec la mise en place et l’implication effective des leaders locaux (relais communautaires).

L’approche des soins de santé primaires

  • Une éducation sur les méthodes de prévention et de lutte contre les principaux problèmes de santé ; 
  • la promotion de bonnes conditions alimentaires et nutritionnelles ; 
  • un approvisionnement suffisant en eau saine et des mesures d’assainissement de base ; 
  • la protection maternelle et infantile y compris la planification familiale ;
  • la vaccination contre les grandes maladies infectieuses ;
  • la prévention et le contrôle des endémies locales ;
  • le traitement des maladies et lésions courantes ;  
  • la fourniture de médicaments essentiels.

 




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